Dans leur cave mes parents entreposaient le charbon dans une espèce de coffre.
Des légumes en hibernation, des endives que mon père faisait pousser dans de vieilles grosses lessiveuses où il faisait des trous. Des fruits sur des clayettes. En hauteur la charcuterie
suspendue dans un garde-manger géant.
Du raisin blanc, chaque grappe allongée sur du papier de soie et dont un petit morceau de sarment était enfoui dans du sable.
Des camemberts qu'il ramenait de Villedieux les poëles, pas empaquetés comme maintenant et fleurant bon les vieilles chaussettes une fois à point avec des asticots que le pater familia
grattait avec son couteau de poche.
Quelques fois une roue ou deux de brie.
Un soir ma mère vint dans notre chambre et s'assit au pied de mon lit.
Elle dégustait, savourait, un morceau de camembert, à notre barbe. Nous ne disions rien...
Quand elle eut fini, elle sourit, l'air comblé et dit " ah! ce qu'il est bon ce camembert que nous avons entamé ce soir..."
Et moi de tomber dans le piège " oh! oui alors "...
Silence dans la chambre... Mais elle se leva en nous disant bonne nuit et s'en fut.
J'adorais le camembert. Une fois toute la famille occupée ailleurs, j'avais chipé le fromage, réfléchissant que si je mangeais l'intérieur, en glissant un doigt pour ramener la manne et non la
croûte, personne n'y verrait rien...
Un peu plus tard, ma mère ayant affaire là où ce fromage était entreposé avait découvert le pot-aux-roses !
Elle se doutait bien de la coupable et avait fait sa pantomime à mon intention...
Elle m'appela " souris " quelques jours, cela fut ma seule pénitence. Ouf !
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Un petit peu de tout... ce qui surgit et qui s'impose.
Avertissement d'un ami : il est conseillé de lire certains textes sous Prozac®. L’auteur n’est pas responsable du désespoir qui résulterait de la lecture de ces lignes...
Merci pour votre intérêt.
Babeth
Vous avez dit...