Mon frère est né à l'automne 1944 à Marienské Lazné, devenue Marienbad, dans les Sudètes,
annexées par l'Allemagne de 1938 à 1945, en Tchécoslovaquie.
Les nazis y avaient installé un gigantesque camp de triage, divisé par communautés : nationalités, religions, bohémiens, syndicalistes...
Mon père y fut déporté, après plusieurs tentatives d'évasion.
Ma mère étant à Berlin à la déclaration de la guerre, pour une ou des raisons qui restent floues pour moi, y fut également déportée; j'en parlerai un autre jour.
Ironie de vocabulaire, mon père y était "führer", il conduisait le train de ravitaillement, quand il y en avait, à travers le camp.
Ils se rencontrèrent, ils s'aimèrent, mon frère naquit et survécut.
Eux aussi.
Les enfants (et leurs parents) nés dans ces conditions n'eurent aucune aide psychologique dans les années qui suivirent la libération. Cela n'existait peut-être pas à cette époque ?
Ce fut très difficile pour mon frère pendant de longues années, sans que quiconque ne fasse le rapprochement.
Entre six et douze ans, il fit onze institutions scolaires...
Qu'il soit proche ou loin de la maison, l'oiseau s'échappait toujours...
Cet oiseau fut sculpté par mon père, avec les moyens du bord, dans un camp,
lorsqu'il apprit qu'il allait devenir père. Ce fut son cadeau de naissance pour ma mère. Un symbole de liberté, façonné avec une petite cuillère transformée en gouge...
...une cellule d'aide psychologique...
Au 21è siècle, c'est essentiellement dans le cadre d'un journal télévisé qu'on en entend parler.
Oh oui, devant la caméra, déploiement il y a.
Après : Evanouis ou virtuels ? C'est comme on veut. L'effet est le même (pour l'avoir vécu).
Souvent on préfère ainsi.
Commentaire n°1
posté par
jasmin
le 16/08/2008 à 19h10
Je ne sais pas pourquoi mais je ne suis pas étonnée de ce que tu dis.
Quoique, mes deux fils (sauveteurs) ayant du porter dans leurs bras un copain-collègue de travail assassiné de barbare façon ont eu, eux, l'assistance psychologique, à eux d'y aller quand
ils le voulaient, pas tout près, mais à leur disposition .
Pour mon frère, la question n'existait même pas en théorie.
Pourquoi ce petit blondinet si mignon aurait-il un problème quelconque?
Mouais...dans quelles conditions s'est déroulée la grossesse de sa mère ?
Avec ce qu'on sait aujourd'hui sur la vie intra utérine, et surtout sur les deux derniers mois pendant lesquels le foetus est capable d'enregistrer les sons, ressentir les émotions de la mère, etc...va savoir.
N'a-t-il jamais eu envie, adulte, de se prêter à des séances d'hypnose animées par des spécialistes dans le cadre précis de la recherche sur le mal être (tout y est enregistré et c'est impressionnant)?
Il y en a peu de ces gens là, il est vrai.
Peut être aurait-il pu confier alors l'origine de sa souffrance.
Commentaire n°2
posté par
jasmin
le 17/08/2008 à 14h26
Mon frère a 65 ans, cela fait presque 30 ans que je ne l'ai vu.
Après maintes épreuves vécues par lui : bébé (foetus aussi, tu as raison), enfant, ado, jeune adulte etc... la relation entre nous s'est brisée.
Je me souviens de cette soirée affolante, pour ainsi dire surréaliste.
Elle eut lieu juste le lendemain ou sur-lendemain de l'enterrement de notre père.
A mon coeur défendant j'ai pris la décision cruëlle mais incontournable de fuir, entre autres, cette relation.
Il me fallait absolument protéger la famille que j'avais créee, mes enfants donc, de toutes les relations malsaines, perverties, de ma famille d'origine;
J'ai toujours un énorme chagrin de cette situation.
Etant petite, mon grand frère (de 5 ans mon aîné) et moi avions une grande tendresse l'un pour l'autre, je l'adorais même et réciproquement.
Il trouvait tellement injuste que je sois infirme...
Je trouvais tellement injuste que les adultes autour de lui ne le comprennent pas, lui qui était un enfant tellement spécial de la guerre, tellement meurtri.
Toute raison gardée le chagrin est resté.
T’chao les renards.
C’est avec plaisir que j’ai rejoins votre meute, en signe d’allégeance, je viens vous rendre visite et vous propose d’en faire de même.
Venez participer pour le fun au Kouizze sur le parlé Suisse Romand et plein d’autres choses.
A peluche, n’hésitez pas à laisser vos traces…
Tabellarius
Commentaire n°3
posté par
Tabellarius
le 06/09/2008 à 19h37
Bonjour Tabellarius, j'irai sur votre site, y laisser mon empreinte qui sait ?
A bientôt, bienvenue dans notre terrier. Babeth.
Bonjour,
Un commentaire pour tout d'abord te dire bonjour et te signaler que FUXY le renard vient de mettre à la disposition des chroniqueurs de la meute, dont tu fait partie, une nouvelle fonction mise en place par le staff d'Over-Blog, à savoir un forum de discussion.
Ce forum appelé "Forum du terrier" est ouvert à tous. Comme dans le terrier un seul mot d'ordre "LE RESPECT" des autres. A part cela tu peux venir déposer, échanger, répondre aux discussions déjà mise en places. Tu peux en outre créer toi même une discussion, alors n'hésite pas et viens faire un tour dans le terrier des renards pour en savoir plus.
Bonne journée,
Amitié.
FUXA et FUXY
Commentaire n°4
posté par
FUXA et FUXY
le 08/11/2008 à 15h46
Bonjour,
FUXA et FUXY, les renards du terrier, te souhaitent un très joyeux Noël et de très bonnes fêtes de fin d’année à toi et à l’ensembles des membres de ta famille ainsi qu’à toutes les personnes de ton entourage qui te sont chères.
Que ces fêtes de fin d’années t’apportent joie, paix et amour.
Que cette nouvelle année qui arrive ne soit pour toi et tes proches que bonheur et réussite et cela dans tous les domaines de ta vie.
BONNES FETES DE FIN D’ANNEE,
Amitiés du terrier des renards…
Commentaire n°5
posté par
FUXA et FUXY
le 24/12/2008 à 11h43
OUi, une bonne année, une guibole toute neuve, un ami à demeure, des fleurs plein les mirettes, une vie normale quoi...
La réalité est dure à entendre ? Bin oui, trop d'ami-e-s qui sont en miettes ces temps-ci, alors le bonheur sur ordonnance calendaire je n'y crois pas du tout. Désolée.
J'aimerais finalement être totalement con, croyante-pratiquante, ne pas me poser de questions, suivre un dogme à la lettre. Y a-t- il une secte dans le coin ? Qui se contenterait de mes trois
nounours dépoilés... et de mon baigneur en celluloïde ? Comme dot ...
:
Un petit peu de tout... ce qui surgit et qui s'impose.
Avertissement d'un ami : il est conseillé de lire certains textes sous Prozac®. L’auteur n’est pas responsable du désespoir qui résulterait de la lecture de ces lignes...
Merci pour votre intérêt.
Babeth
Je ne sais pas pourquoi mais je ne suis pas étonnée de ce que tu dis.
Quoique, mes deux fils (sauveteurs) ayant du porter dans leurs bras un copain-collègue de travail assassiné de barbare façon ont eu, eux, l'assistance psychologique, à eux d'y aller quand ils le voulaient, pas tout près, mais à leur disposition .
Pour mon frère, la question n'existait même pas en théorie.
Pourquoi ce petit blondinet si mignon aurait-il un problème quelconque?
Et pourtant, problèmes il y a eu. Très gros.
Après maintes épreuves vécues par lui : bébé (foetus aussi, tu as raison), enfant, ado, jeune adulte etc... la relation entre nous s'est brisée.
Je me souviens de cette soirée affolante, pour ainsi dire surréaliste.
Elle eut lieu juste le lendemain ou sur-lendemain de l'enterrement de notre père.
A mon coeur défendant j'ai pris la décision cruëlle mais incontournable de fuir, entre autres, cette relation.
Il me fallait absolument protéger la famille que j'avais créee, mes enfants donc, de toutes les relations malsaines, perverties, de ma famille d'origine;
J'ai toujours un énorme chagrin de cette situation.
Etant petite, mon grand frère (de 5 ans mon aîné) et moi avions une grande tendresse l'un pour l'autre, je l'adorais même et réciproquement.
Il trouvait tellement injuste que je sois infirme...
Je trouvais tellement injuste que les adultes autour de lui ne le comprennent pas, lui qui était un enfant tellement spécial de la guerre, tellement meurtri.
Toute raison gardée le chagrin est resté.
A bientôt, bienvenue dans notre terrier. Babeth.
La réalité est dure à entendre ? Bin oui, trop d'ami-e-s qui sont en miettes ces temps-ci, alors le bonheur sur ordonnance calendaire je n'y crois pas du tout. Désolée.
J'aimerais finalement être totalement con, croyante-pratiquante, ne pas me poser de questions, suivre un dogme à la lettre. Y a-t- il une secte dans le coin ? Qui se contenterait de mes trois nounours dépoilés... et de mon baigneur en celluloïde ? Comme dot ...